Indispensable droit de l'information
et des documents
Une matière encore trop négligée
Depuis la naissance des métiers
de l'Information-Documentation, les professionnels
ont particulièrement négligé
les aspects juridiques de leur activité.
Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls à avoir
ainsi méconnu la propriété
intellectuelle.
Mais il se peut que, comme les autres professions,
ils soient rattrapés par le droit…
L’inévitable propriété
intellectuelle
Dans le contexte de la société
de l'information, l'essentiel des enjeux économiques
relève de la propriété intellectuelle
et notamment du droit d'auteur (droit de copie,
droit de représentation, etc.). Il n'est
donc pas douteux que les titulaires de ces droits
ne se laissent plus autant faire que voici seulement
quinze ans. L'affaire du Figaro est emblématique
de ce changement des mentalités : les journalistes
de ce quotidien ont entendu ne pas se laisser déposséder
de droits qu'ils détenaient légitimement.
Cette situation fait qu'aujourd'hui, plus personne
ne peut ignorer la propriété intellectuelle,
de même que les autres aspects juridiques
de nos métiers. Contrairement à ce
qu'on lit parfois sur certaines listes professionnelles
ou qu'on entend dans nos milieux, le droit n'a pratiquement
pas changé. L'essentiel du droit d'auteur
réside toujours dans la loi du 11 mars 1957
qui n'a que très peu changé depuis
lors. C'est la perception qu'en ont les titulaires
de droit qui a changé et qui fait que leur
vigilance s'est renforcée.
La fonction juridique du management
de l’information
C'est pourquoi il devient aujourd'hui
absolument impossible de pratiquer quelque fonction
en Information-Documentation sans être formé
un minimum sur les aspects juridiques de cette pratique.
Il n'est pas question de faire de chaque chargé
d'information ou de communication, de chaque documentaliste,
un juriste ; il importe au moins que chacun connaisse
les limites juridiques qu'il peut ou non dépasser
et qu'il sache comment il peut lever les obstacles
juridiques lorsqu'il s'en présente, qu'il
soit à même d'analyser clairement la
situation et les enjeux et sache quand il faut recourir
aux professionnels qui conviennent. Il est d'ailleurs
étonnant de voir le peu de place consacrée
à cette matière dans les écoles
professionnelles aujourd'hui.
Un instrument de gestion plus qu’un
interdit
Le fait de constater " Je n'ai
pas le droit " n'est pas très positif.
Savoir qu'on " ne dispose pas des droits
" mais qu'il est toujours possible de les négocier
auprès des titulaires ou de leurs ayant droit
ou ayant cause, est une démarche plus positive.
Même si pour le moment, ces négociations
relèvent encore du parcours du combattant…
Ne pas ignorer les contraintes juridiques ne signifie
pas signer n'importe quel accord auprès de
n'importe qui en pensant ainsi se protéger.
Cela ne signifie pas non plus souscrire aveuglément
à des dispositions douteuses. Le droit n'est
que l'enveloppe extérieure d'un rapport de
force économique entre les titulaires de
droits (auteurs mais surtout éditeurs et
sociétés de gestion collective) et
les diffuseurs, dont nous sommes. Si les auteurs
sont les grands perdants du système juridique
mis en place en principe pour les protéger,
les groupes de pression que forment les éditeurs
ainsi que les sociétés de gestion
collectives sont loin d'être exempts de critiques
dans leurs manières d'agir, économiquement
et juridiquement.
En ces matières, il convient donc d'être
particulièrement circonspect et de rester
vigilant. Quelques textes ici présentés
permettent de se faire ainsi une idée des
réels enjeux. D'autres viendront s'ajouter
au fil des mois.
Mieux comprendre le droit de l’information
Après le succès de mon
premier site sur le thème Droit et documentation,
le volet consacré à cette matière
sur ce site offrira à terme davantage de
textes. Il s'agit toujours de documents de vulgarisation
destinés à des non juristes. L'expérience
acquise depuis 20 ans auprès de non juristes,
la rédaction et la mise à jour de
plusieurs cours par correspondance sur le sujet
nous permettent de mettre à disposition certains
éléments fournis à l'appui
de ces activités.
Question de terminologie : Droit de
l'information ou Droit de la documentation ?
L’expression Droit de l'information
recouvre en principe une autre réalité.
Si l'on regarde les cours dispensés sous
ces termes ou si l'on consulte les catalogues des
éditeurs juridiques, on s'aperçoit
que la matière ainsi visée concerne
le droit de la presse et de l'audiovisuel. Certains
y ajoutent des sujets tels que la protection de
la vie privée et donc des données
à caractère personnel. Il s'agit donc
d'un terme ambigu. Nous assumons cependant l'annexion
de cette expression. Pour faire court.
Droit de la documentation paraîtrait
réducteur au seul métier de la documentation
en elle-même alors qu'il est évident
que le mot documentation vise tout type de document,
y compris ceux gérés en médiathèques
ou en archives, voire en musées et aussi
dans les services de communication ou sur les sites
Internet. La réalité voudrait qu'on
parle de Droit de l'Information-Documentation-Connaissance.
L'expression étant un peu longue – et il
n'est pas sûr que tout le monde s'y retrouve
–, nous continuons à utiliser celle de Droit
de l'information, tout en sachant qu'elle recouvre
des réalités plus proches des métiers
de l'IDC.
Le droit d’auteur… et les autres
Si le droit d'auteur est ici la matière
reine, il ne devrait pas cacher les autres domaines
que sont le droit des contrats, si importants dans
toute activité professionnelle, la responsabilité
du fournisseur d'information, le respect des données
à caractère personnel, les règles
d'accès aux documents administratifs, de
communication des archives, ainsi que tout le droit
dit de l'Internet, sans parler de questions parfois
cruciales telles que le droit des marques. Toutes
ces questions seront peu à peu développées
dans cette rubrique.
Pour entrer dans le
vif du sujet : Aperçu
du droit de l'information.
|